


Au Canada, on compte 40 semaines pour calculer le terme de la grossesse (en France c'est 41), du coup lorsque bébé ne veut pas sortir, on le laisse au chaud une dizaine de jours avant de déclencher.
J'étais donc prévu pour naitre le 27 mai. Mon papa espérait secrètement que j'arrive pour son anniversaire le 23 mai et ma maman répétait à qui voulait bien l'entendre que je ne naitrais pas après la date prévue.
Mamie Maité est arrivée le 22 mai, pensant qu'elle aurait juste un peu de temps pour se reposer avant mon arrivée. Sauf que, j'en avais décidé autrement.
Le 27 mai est venu et rien ne s'est passé. Maman était d'une humeur de chien, pestant après ses jambes enflées et son ventre imposant, me donnant des petits coups pour me convaincre de sortir. Mais non, moi j'étais bien au chaud dans mon petit paradis aquatique à 37 degrés.
Le lendemain, maman m'a vu à l'échographie et tout allait bien. Les jours ont continué à passer, l'humeur de maman à se détériorer et l'impatience à gagner papa et mamie. Sans compter la famille et les amis qui passaient leur temps à demander si j'étais enfin arrivé.
Le docteur avait prévu un déclenchement pour le mardi 5 juin. Maman était donc sur liste d'attente et devait patienter jusqu'au coup de fil de l'hôpital pour recevoir des hormones afin de préparer le col à ma venue au monde.
Sauf que là encore j'ai eu le dernier mot.
Mardi matin, maman a été réveillée par de drôles de douleurs. Plutôt inconfortables qui partaient et revenaient. Comme elle n'est pas du matin, elle a mis quelques minutes avant de réaliser qu'il s'agissait de contractions. Hourra!
A 8 heures, maman a pris un petit déjeuner pour prendre des forces, à 9h, elle a appelé papa et a décidé de prendre un bain. Les contractions se sont intensifiées et vers 11h ils sont partis tous les trois pour l'hôpital.
On a branché maman sur le moniteur et les contractions étaient aux 2-3 minutes. Super ! L'infirmière demande a maman si elle va demander l'épidurale (oui bien sûr) et lui explique que lorsqu'elle sera à 3 cm, ils crèveront les eaux et que tout ira super vite.
Sauf que lorsque le médecin arrive, il n'y a qu'un petit centimètre de fait. Alors on dit à maman de rentrer chez elle et de revenir dans 2 heures.
A 14 heures, tout le monde est de retour à l'hôpital, les contractions sont plus douloureuses et maman doit arrêter de marcher quand elle en ressent une.
Le médecin revient et ca-tas-tro-phe : 1,5 cm. Seulement!
On donne de la morphine a maman qui a trop mal et on la garde en observation pendant quelque temps pour voir comment nous réagissons tous les deux.
Puis de nouveau, nous rentrons à la maison.
Mamie et papa prennent leur repas du soir, mais maman n'en a pas la force, endormie par la morphine et fatiguée par les contractions, elle décide d'aller se coucher.
Elle a juste le temps de se glisser dans les draps, lorsqu'elle sent que quelque chose de bizarre se passe. Elle appelle papa pour qu'il l'aide à sortir du lit et à courir vers la salle de bain.
La poche des eaux vient de se percer.
Malheureusement, arrivés dans la baignoire, maman et papa s'aperçoivent que les eaux ne sont pas transparentes mais ont une teinte marron, verte. Ils faut retourner à l'hôpital.
Quand ils y arrivent vers 23h, les médecins confirment que les eaux sont pleines de meconium (je vous laisse le soin de chercher la définition sur le net!) et qu'ils vont donc garder maman en observation, même si le col n'a toujours pas bougé.
La nuit commence et maman a mal, mais toutes les salles d'accouchements sont prises et elle ne peut donc pas recevoir l'épidurale pour le moment. Papa s'énerve car maman est malade et se déshydrate, elle ne parle plus et ne bouge plus. Il demande donc toutes les 2 minutes quand est ce qu'elle pourra voir l'anesthésiste.
Finalement ça finit par marcher et ils transférent maman dans une salle d'accouchement à 4h du matin. L'anésthésiste essaie une première fois de mettre le cathéter dans le dos, puis une deuxième et enfin réussit au troisième essai.
Maman revit. Les contractions sont toujours là mais sans douleur.
Papa finit par s'endormir dans le fauteuil de la salle. Il ne verra pas le premier infirmier et fera connaissance avec les deux infirmières qui s'occuperont de maman que bien plus tard dans la matinée.
Les médecins passent régulièrement, mais rien ne bouge vraiment. Ils décident donc de donner des hormones pour activer le travail.
Premier dosage: rien ne bouge. Ils augmentent et là c'est moi qui fatigue. On me met donc des électrodes directement sur la tête pour mieux mesurer les battements de mon coeur. Papa, mamie et maman gardent les yeux rivés sur l'écran qui mesure l'intensité des contractions et mon rytme cardiaque.
Comme mon coeur fait des siennes, on donne un masque à oxygène à maman pour que le surplus d'air m'arrive directement via le placenta.
Ca marche, mon rythme cardiaque se stabilise.
Par contre du côté du col, ça ne bouge pas vraiment. Ils augmentent donc encore le dosage et mon coeur a du mal à suivre. Maman est fatiguée aussi, elle commence à avoir mal au cou et aux bras car ça fait très longtemps qu'elle est allongée. Elle se dit que si le col arrive miraculeusement à 10 cm, elle n'aura pas la force de me pousser dehors et ça l'angoisse un peu, du coup elle pleure.
L'infirmière arrive avec de la glace pour son cou et la voit pleurer, elle va donc chercher les médecins qui vérifient le col qui n'est qu'à 5cm, seulement la moitié du chemin.
Ils appellent donc un obstétricien, qui vient pour vérifier tout ça. Il se présente et 30 secondes après l'examen déclare: "c'est bien 5 cm et le bébé est encore très haut. Il ne naitra pas par voie vaginale, du moins pas aujourd'hui, mais si tu le veux, je te le sors par césarienne en 20 minutes."
Maman dit oui et on la prépare pour le bloc. Papa va pouvoir venir aussi mais mamie devra attendre dans le couloir.
Arrivée au bloc, tout le monde se présente. Le pédiatre qui est là pour m'intuber car on pense que je vais avoir avalé du liquide plein de mes cochonneries (le fameux méconium, je vous laisse le soin de chercher la définition sur le net si ce n'est pas déjà fait), l'anesthésite, et les nombreux internes en obstétrique. Il y a aussi les 2 infirmières du matin, Leigh devait pourtant finir à midi, mais elle veut voir ma tête (de borné comme elle dit) et a donc décidé de rester. Elle peut ainsi continuer la formation de l'autre infirmière.
Il y a aussi le médecin qui a suivi maman depuis son arrivée la veille au matin.
Bref un vrai hall de gare!
On installe donc maman sur une table, les bras en croix. On lui met des électrodes sur le coeur puis l'anesthésiste augmente la dose de l'épidurale.
On installe un drap devant son visage et maman trouve ça un peu étouffant, mais bon, elle préfère ça plutôt que de voir son ventre ouvert.
L'anesthésiste teste pour voir si elle sent encore quelque chose. Elle ne peut plus bouger les jambes mais sent encore un peu son ventre.
L'obstétricien arrive quand tout est prêt. Il explique que maman va sentir de la pression quand il va ouvrir pour me sortir. Une infirmière part chercher papa qui s'installe sur un tabouret à côté de la tête de maman. De l'autre côté il y a l'anesthésiste.
L'obstétricien commence à ouvrir et maman ne trouve pas ça agréable du tout, du coup l'anesthésiste lui parle pour détourner son attention. Papa lui tient la main.
Puis une infirmière dit: "oh je vois une main" et on me sort. Maman entend un petit râle, c'est moi qui essaie de respirer, mais j'ai avalé trop de cochonneries pour le faire. Puis elle me voit passer par dessus le drap au même moment où une autre infirmière lance un "oooh mais il est plein de caca".
Là je me retrouve sur une table et on aspire toutes les mauvaises choses que j'ai respirées, j'ai droit à un petit coup d'oxygène pendant que des mains habiles me nettoient.
Je crie. Enfin ! Maman se tord le cou pour me voir et les infirmières lui répètent sans cesse que je suis très beau. Papa est devant la table depuis qu'on m'y a amené et il me décrit à maman:
"il a de grands pieds"
"Par contre son nez, je ne sais pas d'où ça vient". Mais il verra en comparant des photos de maman à la naissance qu'on a le même nez tous les deux.
Puis mon papa me prend dans ses bras et j'arrête de pleurer. Je reconnais sa voix et je l'écoute attentivement. Il m'amène près de maman qui me parle aussi.
On sort du bloc et papa va chercher mamie qui attendait impatiemment et qui arrive en courant pour enfin faire ma rencontre.
Voilà, je suis né le 6 juin 2007 à 13h40 et ce fut toute une aventure.

1 commentaire:
C'est le même jour que mon fils à la même heure que moi ! (Je tenais à le dire)
Bisous
Glad
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